Bilans pour profils atypiques, hypersensibles, hypersensoriels, haut potentiel, avec TDA-H, TSA, DYS

HYPERSENSORIALITÉ

Sensibilité, hyperesthésie, hypoesthésie, synesthésie et synergologie… comment peuvent s’exprimer les sens chez les profils atypiques ?

La sensibilité au sens strict est la capacité de percevoir par les sens un stimulus et d’y répondre, en traitant les données sensorielles associées : observer, écouter, sentir, toucher, goûter. Elle s’appuie sur un ensemble de facultés du système nerveux et cérébral.

Pour donner une image, l’hyperesthésie donne la sensation de « porter un sonotone poussé au maximum alors qu’on entend bien ». L’expérience est intense en permanence. Elle peut être agréable ou désagréable, douloureuse parfois et, dans tous les cas, très énergivore.

Les hypersensibles, autistes, TDA-H et (très) haut potentiels ont un rapport particulier en matière de captation des stimuli extérieurs (et parfois internes, cf. plus loin). Il peut s’agir d’hyperesthésie ou d’hypoesthésie. Elle peut concerner un ou plusieurs sens. Cette particularité sensorielle se conjugue différemment selon chaque profil neuroatypique. Elle peut concerner un ou plusieurs sens (la vue chez les haut potentiels) et communique plus avec le corps et les émotions pour les hypersensibles et TDA-H ou le mental pour les HP et TSA.

Comment se manifeste l’hyperesthésie concrètement ?

  • La vision est plus large, les lumières sont perçues plus vivement. L’acuité visuelle peut dépasser les 12/10, offrant cet œil de lynx. Cela permet de capter immédiatement de multiples détails provenant de son environnement mais provoque également une gêne réelle par temps lumineux ou dans des pièces éclairées trop fortement, notamment avec des lumières blanches. Idem pour rester concentrée quand quelque chose bouge autour de soi. 
  • Quand l’ouïe est très fine, elle conduit parfois à l’oreille absolue, c’est-à-dire la capacité à identifier les notes composant un morceau de musique, juste en l’écoutant. Mais elle implique également que le moindre bruit est entendu, parfois même quand il provient d’une pièce éloignée, comme un goutte-à-goutte de robinet, malgré les portes fermées. Et ce bruit de fond peut s’apparenter à une torture pour certaines personnes.
  • Si l’odorat est particulièrement développé, il offre la possibilité de disséquer les différentes odeurs d’un parfum, d’un plat, d’une pièce… ce qui peut ravir les « nez » au contact de la nature, d’une boisson ou d’un plat odorant mais tout autant révulser quand il s’agit d’une transpiration trop forte, d’un parfum capiteux ou d’un magasin dégageant des effluves chimiques.
  • Quand le goût est concerné, la saveur des aliments et des boissons est plus intense et leur texture compte souvent (en lien avec le sens tactile). L’ensemble peut ravir les papilles ou carrément les dégoûter selon chaque profil. 
  • Un toucher plus sensible enfin implique que les étiquettes, une couture mal finie ou certains textiles insupportent tout bonnement. D’un autre côté, enfiler des vêtements confortables ou s’emmitoufler dans une couverture toute douce procure un bien-être instantané.

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Des sens internes méconnus

Depuis une vingtaine d’années, des chercheurs comme François Le Corre ont identifié des neurones multisensoriels. Au-delà des 5 sens d’ordre externe, ils se sont plus particulièrement intéressés aux stimuli internes chez l’humain et notamment : 

  • la proprioception : savoir ajuster les membres du corps dans l’espace sans avoir besoin de les regarder, offrant parfois une grande agilité. Une hypo-proprioception se traduit par de nombreuses maladresses. 
  • l’équilibrioception : avoir le sens de l’équilibre pour soi-même ou des objets. Elle donne des éclairages sur un don en la matière ou à l’inverse les difficultés de ressenti quand on prend un ascenseur, la voiture, le train…
  • la thermoception : sentir le chaud et/ou le froid sur sa peau, avec un corps qui sait comment le réguler naturellement. Cela peut se traduire par la sensation d’avoir les extrémités des doigts ou des pieds gelés en permanence, une conscience aigüe de sa température corporelle ou par une grande difficulté à tolérer l’humidité. On retrouve souvent ces particularités chez les autistes. 
  • la nociception : avoir conscience de la douleur, être capable de l’évaluer. Il n’est pas rare que les autistes et les personnes dissociées suite à un trauma aient une nociception réduite. 
  • D’autres sens ont été observés en parallèle chez les animaux tels que l’électroception ou la magnétoception (percevoir les champs électriques ou magnétiques). Ils ne sont pas reconnus chez l’humain. Pourtant, nombre d’hypersensoriels rapportent une sensibilité particulière en la matière.

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Du côté de l’hypoesthésie

Il est possible d’être à la fois hyperesthésique de quelques sens et hyposensoriel (dit aussi hypoesthésique) d’autres sens par ailleurs. C’est souvent le cas chez les autistes. Cela se traduit alors par une sensibilité moindre aux stimuli sensoriels. 

  • Ils peuvent alors apprécier particulièrement les lumières vives ou les objets qui brillent ; ou aimer les sons forts ; ou renifler tout type de matériaux (dont l’odeur est particulière) ; ou encore les mettre dans la bouche…
  • Ils peuvent également avoir une grande tolérance à la douleur et aux températures extrêmes. Ils ont des facilités à sortir un plat du four sans se brûler, à porter des charges lourdes malgré un petit gabarit. Ils peuvent avoir une moindre sensation de faim, de satiété ou de soif… 

Les hyper/hypo/esthésiques ont rarement conscience de l’ampleur de leurs facultés sensorielles car ils grandissent avec. Elles ont pourtant des répercussions réelles quotidiennes, à commencer par une plus grande fatigue, après une journée soumise à de multiples injonctions, extérieures comme internes.
Elles impliquent aussi une plus grande réceptivité aux cycles hormonaux, aux effets secondaires des médicaments, à la nicotine, à l’alimentation, à la caféine, à l’alcool, aux allergies, à la pollution… Comme cette capacité se distingue du fonctionnement de la majorité, elle peut mener à des quiproquos, par exemple lors de rendez-vous médicaux.
Chez les personnes neuroatypiques, cette réceptivité sensorielle spécifique ainsi que les réactions corporelles, les ressentis émotionnels et le traitement mental qui en découlent peuvent communiquer entre eux. Cette gestion particulière des données conduit plus facilement à la synesthésie et à la synergologie.

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La synesthésie 

La synesthésie vient du grec « perception simultanée ». Il s’agit d’un phénomène neurologique démontré qui consiste à associer plusieurs sens en eux. Elle est souvent associée à une forte charge émotionnelle. Au niveau cognitif, elle permet d’illustrer facilement un concept à l’aide d’une métaphore ou d’une image.
Il s’agit d’une particularité génétique et héréditaire, qui concerne environ 4% de la population. Elle proviendrait d’une hyperactivité du système sérotonergique et de connexions entre plusieurs régions cérébrales.
On dénombre à ce jour environ 150 formes d’expression de synesthésie. Pour donner quelques exemples, 65 % des synesthètes attribuent une couleur aux lettres de l’alphabet. Certains accordent les nombres à des positions dans l’espace ou relient des notes de musique à des formes colorées. D’autres encore voient l’état d’esprit des gens en couleur. On parle alors de synesthésie de personnification ordinale/linguistique. Il existe aussi des associations avec des goûts et des odeurs mais elles sont plus rares. 
La synesthésie est très utile pour classer les données de manière originale et/ou les mémoriser plus facilement. Concernant la synesthésie de personnification, elle renseigne sur les intentions de son interlocuteur et permet d’anticiper ou de s’adapter plus facilement à la situation. C’est d’autant plus vrai quand elle est associée à de bonnes compétences en synergologie. 

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La synergologie

D’après les recherches du Professeur A. Mehrabian (UCLA), 55% de la communication intrapersonnelle passe par le corps, 38% par le ton de la voix et 7% par les mots (seulement !). Autant dire que de nombreuses informations empruntent d’autres canaux que la parole, et ce en quelques secondes, voire en une fraction de seconde. 
L’anatomiste suédois Carl-Herman Hjortsjö, puis le psychologue américain Paul Ekman se sont quant à eux plus particulièrement intéressés aux micro-expressions faciales (de 0,25 à 0,5 seconde). 
C-H. Hjortsjö a ainsi identifié 23 mouvements des muscles faciaux correspondant à une émotion particulière.
P. Ekman a poursuivi ce travail, en croisant des données issues de cultures très variées afin d’identifier les micro-réactions non-verbales universelles qui expriment la surprise, la tristesse, la peur, la colère, le dégoût, la joie. 
Leurs recherches ont donné lieu à un outils de modélisation nommé le FACS (Facial action calling system). Paul Ekman est également arrivé à la conclusion que si les expressions faciales pouvaient simuler une émotion, il était bien plus difficile de le faire avec les micro-expressions.

La synergologie est le fait de capter et traduire ce non-verbal. Elle renseigne facilement sur l’écoute attentive ou la méfiance de son interlocuteur. Elle éclaire sur la confiance en soi d’autrui ou l’inverse. Elle indique une émotion authentique ou feinte et plus globalement des mensonges. 
Les hypersensibles et les personnes avec un haut potentiel ont des dons particuliers en la matière, même s’ils n’en ont pas forcément conscience. Les autistes, notamment quand ils présentent en parallèle un haut potentiel, peuvent les développer. Ils apprennent alors à décoder l’ensemble des signaux non-verbaux comme on retient une leçon.  

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Quand on a ses sens exacerbés, on lit, entend, sent et ressent les gens qui nous entourent autant qu’on les écoute. Dans la mesure où l’on grandit avec ses sens, on n’a pas forcément l’impression d’avoir des dons particuliers en la matière… Et pourtant, on peut être intuitive, mentaliste ou profiler, ce qui nous offre de nombreux éclairages et permet de se positionner en connaissance de cause dans nos choix de vie.
Parfois, on a « éteint » momentanément ces facultés ou on ne les écoute pas vraiment. Ces dons fonctionnent comme un muscle qui ne demande qu’à être entraîné pour donner le meilleur de lui-même. C’est tout l’enjeu de mon bilan sur l’hypersensorialité