Les neuroatypiques naissent avec un potentiel génétique qui ne demande qu’à se développer. D’après mes recherches, ce sont les expériences de l’embryon, puis de l’enfance, qui façonnent ensuite l’expression de l’une ou l’autre de ces neuroatypies (voire plusieurs).
Comme les neuroparticularités sont invisibles, ces profils particuliers sont loin d’être tous détectés ou d’en ressentir le besoin surtout s’ils composent plus naturellement avec une confiance, une estime d’eux-mêmes et/ou un instinct leur offrant des clés pour s’épanouir.
Pour les autres, notamment qui se découvrent tardivement, ils n’ont pas forcément conscience de leurs talents. Cette difficulté est, en partie, en lien avec le rapport à la conformité sociale et à l’intelligence entretenu dans notre monde moderne. En effet, cette dernière est souvent confondue avec une bonne mémoire et culture générale ou une grande répartie. Il existe pourtant de nombreuses formes d’intelligence, qui ont toutes leur utilité.
Se construire en ignorant sa particularité peut donc exposer plus facilement à des réactions maladroites, « compartimentées », jugeantes, des railleries, des propos culpabilisants, des comparaisons disqualifiantes, voire du harcèlement de la part de son entourage et de la société (grégaire par essence).
Les neuroatypiques, en quête de cohérence et/ou d’harmonie relationnelle, peuvent alors plus facilement douter d’eux-mêmes, se suradapter, peiner à s’intégrer socialement, en se demandant régulièrement ce qui cloche chez eux, y compris après une détection.
Il peut alors être intéressant d’explorer son éventuel stress post-traumatique (parfois bien enfoui), issus de l’enfance. Il fait suite à un événement incompréhensible, dégradant et généralement inattendu, face auquel la victime s’est sentie impuissante. Cet événement induit une peur intense qui pousse le cerveau reptilien à prendre les commandes afin de mettre à l’abri le sujet.
Mais ce mécanisme neurologique d’urgence, initialement salvateur, ne permet pas d’engrammer les émotions sous-jacentes (de désarroi, de colère…) qui restent comme en suspens ainsi que le souvenir comme expérience utile.
Ce traumatisme, non pris en charge de manière adéquate, conduit à un stress post-traumatique qui génère :
- des flashbacks ;
- des ruminations ;
- des comportements d’hypervigilance et d’évitement ;
- des conduites à risque et addictives à visée anesthésiante ;
- des troubles de la mémoire/concentration ;
- des douleurs physiologiques chroniques (migraines, nausées, troubles alimentaires et/ou du sommeil, difficultés respiratoires, problèmes de peau…) et bien d’autres effets…
- A la longue, cela peut engendrer une dissociation physique et émotionnelle, un faux-self prédominant, un syndrome de l’imposteur ou un syndrome du sauveur marqué, voire des maladies graves.
Dans ce genre de situation, les neuroatypies offrent de jolis dons pour cheminer. Elles poussent à se renseigner, elles permettent de ressentir des symptômes physiques, de décortiquer ses mécanismes psychologiques en œuvre… Bref elles conduisent à des pistes qui offrent tôt ou tard la possibilité de rencontrer les bons thérapeutes et de résorber ces traumas.
Les liens entre neuroatypies et psychotraumatismes sont encore rarement explorés ensemble. Selon les professionnels que l’on rencontre, l’un des aspects peut être privilégiés, quand le tout n’est pas mis sur le compte d’une problématique psychiatrique. Pourtant, il est important de considérer l’ensemble des éléments dans leur globalité pour aller mieux.
Ce cheminement implique :
- de faire le point sincèrement sur son contexte actuel, ses besoins (assouvis ou non), ses qualités et ses compétences
- de re-parcourir son passé et d’explorer ses éventuels souvenirs traumatiques (parfois très enfouis), dans un environnement rassurant pour ne pas provoquer le stress post-traumatique associé. On peut ainsi engrammer le souvenir correctement. L’hypnose, l’Emdr, le neurofeedback ou les thérapies psychédéliques encadrées offrent des pistes intéressantes d’accompagnement.
- de travailler sur une reconnexion coeur-corps-mental, le mental étant trop souvent privilégié chez ces profils tandis que les émotions (trop intenses) et les manifestations corporelles sont mises à distance. Des approches psychocorporelles de type somatopathie, kinésiologie ou médecine chinoise fonctionnent bien ainsi que toutes les pratiques permettant de travailler sa respiration (abdominale).
- d’explorer son mode de gestion relationnelle, à travers les TCC, la Gestalt, la PNL et/ou l’analyse bioénergétique.
Ces éléments sont évoqués dans mes livres et articles. En comprenant les liens entre neuroatypie, tempérament, physiologie, genre, relations familiales, impacts sociologiques et vécu, il est plus facile d’explorer sa véritable personnalité, en dehors de biais issus du passé et/ou de notre culture. On peut ainsi vivre pleinement, de manière authentique et plus sereine.
Je travaille actuellement sur un nouveau projet de livre à ce propos. Je vous en dis plus ici.