Le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA-H) est une particularité neurologique, en lien avec la gestion de certains neurotransmetteurs (notamment dopamine et sérotonine). Elle s’exprime différemment selon chaque personne concernée, selon les intrications avec le reste de sa personnalité, son contexte d’enfance, ses retours d’expérience et la présence éventuelle d’autres neuroatypies (HP notamment) qui contribuent à le compenser et le masquer à la fois. Chez les femmes, le TDA-H est également étroitement lié aux cycles hormonaux. Il s’exprime plus ou moins selon leurs phases de vie.
Le TDA-H concerne environ 2,5% de la population. Depuis 2005, il peut donner lieu à une reconnaissance MDPH et des aides.
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Le volet TDA peut se manifester par :
- une facilité à voyager dans son monde intérieur (« être souvent dans la lune« ) et une grande distractibilité
- des étourderies et/ou le risque de ne pas finir sa tâche (surtout quand elle ne fait pas sens)
- une tendance à oublier de prendre les bonnes affaires ou à les égarer (on pensait à autre chose quand on les a posées), qui peut se transformer en hyper-organisation pour ne rien perdre et/ou tendance à paniquer à l’idée d’avoir perdu quelque chose (cf. les profils multi-neuroatypiques)
- une certaine maladresse motrice pour se déplacer (sans se cogner / se blesser), manipuler des objets (sans les faire tomber) et pourtant une grande précision quand l’activité plaît…
- des difficultés à se repérer dans l’espace (à moins de faire appel à sa mémoire émotionnelle, signe de multi-neuroatypie)
- une forte tendance à attendre la dernière minute pour faire, voire à dépasser les délais réglementaires (prise pour de la procrastination), notamment quand le thème ne présente pas d’intérêt ou a des répercussions et demande donc une certaine énergie (à moins de toujours faire les choses immédiatement, ce qui est un signe de compensation HP)
- une certaine gêne pour structurer sa pensée (créative, foisonnante et partant dans plein de directions à la fois) et sa mémoire (on a une idée d’ensemble de ce qu’on pense mais on ne sait pas comment la formuler clairement… à moins d’avoir trouvé des stratégies pour « poser » sa pensée sur le papier par exemple)
- un rapport au temps éloigné du principe de sablier (avec un TDA, le temps ne s’écoule pas toujours de la même manière, il peut être distendu ou s’accélérer selon ce à quoi on pense)…
- qui peut induire une perte de moyens sous chronomètre ou stress
- des difficultés à s’organiser de façon efficace (à moins de chercher à tout optimiser en permanence même dans les moindres gestes du quotidien, signe de compensation HP)
- une incapacité à comprendre clairement et/ou retenir les consignes trop longues, plus encore à l’oral (qui peut être compensé par l’habitude de tout noter)
- une impatience profonde quand on doit attendre son tour dans une queue (même si on le fait quand même par adaptation) et ou quand on est coincé dans les embouteillages en voiture ou à l’arrêt d’un bus/train (sans explications)
- du temps pour aller se coucher et revenir au calme avant de réussir à s’endormir (à moins de pratiquer beaucoup de sport ou d’activités physiques ou d’attendre le moment d’épuisement corporel pour aller se coucher : stratégies adaptatives multi-neuro).
Quant au volet hyperactif, il s’exprime principalement à travers :
- le besoin de bouger pour se concentrer
- des difficultés à rester assis ou immobile longtemps
- des pics émotionnels difficiles à réguler surtout quand l’ennui ou la frustration apparaissent
- une tendance à couper la parole ou finir les phrases de l’autre (à moins d’avoir appris à répartir équitablement la parole, avec une attention particulière à ce sujet, ce qui est un signe de compensation HP)
- l’envie / le besoin d’explorer de multiples sujets / loisirs en parallèle (parfois d’envergure), de faire plusieurs choses en même temps
- une tendance à extérioriser sans filtre ses émotions, y compris sa frustration, sa déception ou sa colère (à moins d’être très pudique, ce qui n’empêche pas que ça bouillonne intérieurement, ce que les autres ne sentent pas… et parfois la personne elle-même n’en a pas vraiment conscience : signe de TSA en parallèle)
- une capacité d’exploration et de concentration hors norme quand le sujet passionne ou sous contrainte de temps
- un besoin de se former en permanence, via des formations encadrées et certifiantes ou grâce à un vrai potentiel d’apprentissage en autodidacte (à travers des lectures, par observation ou essai-erreur-retour : ce qui relève plutôt d’un HP/TSA)
- une certaine audace (dont la capacité à se lancer dans un projet ou en changer font partie), souvent envisagée comme de l’impulsivité, alors que l’approche cérébrale est plus complexe que cela.
Ces traits peuvent se retrouver chez tout le monde, mais dans le cas du TDA-H, ils se manifestent de façon prononcée, récurrente et durable dans le temps et ce dans tous les contextes de vie (famille, amitié́, amour, études, travail), depuis l’enfance.
Certains profils avec TDA-H présentent en parallèle un haut potentiel et/ou un TSA et/ou une hypersensibilité et/ou des troubles DYS. Ils développent alors très jeunes, sans le savoir, de multiples stratégies pour « contenir » leurs difficultés. De ce fait, leurs neuroatypies passent plus facilement inaperçues. Mais au fond d’eux, ils ressentent un combat intérieur permanent entre quête d’intensité et besoin de maîtrise / tranquillité, qui est caractéristique de ces profils.
On compte nombre de personnes avec (au minimum 😉 un TDA-H parmi les indépendant.e.s inventif.ve.s, les sportif.ve.s de haut niveau, les cuisinier.ère.s, les chanteur.se.s, les acteur.trice.s, les humoristes ou présentateur.trice.s connu.e.s ;)… mais aussi dans le soin du vivant, de la personne et de la terre et dans les domaines créatifs. Peut-être en faites-vous partie ?
