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Zèbre Asperger ?

Comme tout le monde et pourtant si différent

Pour les HP,  le rapport à l’autre n’est pas forcément intuitif. Et comme notre cerveau aime à multiplier les questions objectives, il est parfois difficile de savoir au final comment se comporter d’une manière “socialement acceptable/attendue”. Quelques exemples :
*Lorsqu’on salue quelqu’un, doit-on tendre la main, faire la bise, s’abstenir ? Et quand il y a plusieurs personnes déjà arrivées et installées, est-ce qu’on perturbe toute l’assemblée pour le faire ou un bref “bonsoir” général suffit-il ?
*Comment doit-on s’habiller en fonction d’un événement donné?
*Et nos blagues, très drôles à notre goût, pourquoi sont-elles parfois si mal reçues par les interlocuteurs, à en réagir même violemment : “Vraiment, on ne peut jamais discuter avec toi ! Tu ne peux pas répondre comme tout le monde ?”
*Au travail, est-il convenable de parler de sa vie personnelle ? Peut-on s’abstenir si on préfère ? Quelle est la juste limite ? Doit-on déjeuner avec les autres forcément ou peut-on s’octroyer ce moment de pause pour se ressourcer ?
*Sans parler des réactions émotionnelles vives lorsqu’une histoire touchante est narrée, au point qu’on se sente concerné(e) directement alors même qu’on ne connaît pas la personne nommée.
*Et dans une relation amoureuse, comment doit-on montrer à l’autre qu’il/elle nous plaît ? Et comment se comporter lors des premiers rendez-vous ? Quel est le juste dosage de SMS des premières semaines? Si la relation se termine, peut-on maintenir un lien malgré tout ? Et si oui, selon quelles modalités ?

Ces sujets se règlent intuitivement chez le commun des mortels. Ils ne se posent d’ailleurs même pas toutes ces questions. C’est dire le fossé qu’il existe alors pour se comprendre et vivre ensemble.
En creusant un peu, il existe même parfois d’autres particularités qui différencient certains HP de leurs congénères et des neurotypiques dans leur rapport au monde :

  • le choix de vêtements confortables à porter, au toucher doux, ce qui n’est pas incompatible avec une certaine élégance, mais qui confèrent bien souvent une allure excentrique et plus jeune que son âge. Par ailleurs, les étiquettes sont retirées systématiquement car leur présence rend le port du vêtement intolérable.
  • le besoin de rassembler son énergie avant de se doucher car les changements de température et l’eau qui coule sur le corps ne sont pas toujours faciles à gérer.
  • une difficulté pour certain(e)s à supporter le rendez-vous chez le coiffeur, du fait des cheveux qui tombent et de l’invasion de sa sphère, sans parler du coup de ciseaux en trop qui rend la coupe (forcément facile à recoiffer) belle ou totalement râtée.
  • idem pour les médecins qui touchent au corps et à l’avenir du patient avec leur diagnostic.
  • on a bien souvent des difficultés d’ordre gastrique, notamment en période de stress intense : remontées acides, ulcères…
  • un sursaut, voire une angoisse lorsqu’on est frôlé(e) dans la foule et qu’on ne s’y attendait pas.
  • une hyperesthésie vraiment très développée qui rend réellement intolérable les trop fortes luminosités (type néons ou juste ampoules trop fortes), les mouvements périphériques répétitifs (un voisin de bureau qui bouge ses genoux en cadence), les bruits de fond récurrents qui peuvent être vécus comme une torture pour certains (horloge, talons…), les odeurs…
  • un grand sens du détail, quand on rentre dans une pièce ou rencontre une personne, on remarque d’abord certaines infimes particularités avant de voir l’ensemble.
  • un sens aigu du perfectionnisme et une grande méticulosité, avec un sens de l’organisation très poussé qui peut se traduire par des listes pour tout et sur tout.
  • un vrai stress pour les rendez-vous, par crainte de se tromper de date, d’heure, d’adresse, surtout quand les informations ont été données à l’oral (téléphone ou face à face).
  • une préférence pour des activités sociales ou professionnelles en petit comité.
  • un vrai plaisir pour des conversations stimulantes et à l’inverse aucun intérêt à aborder des sujets de surface comme la pluie et le beau temps.
  • le besoin viscéral parfois de s’extraire quelques minutes d’un environnement pour pouvoir relâcher la soupape, même si c’est à un moment socialement inopportun (sortir de table ou de réunion en cours).
  • un besoin de se régénérer chez soi, dans le calme, notamment après une période d’exposition sociale forte (même choisie).
  • l’impression de comprendre APRES cette période de régénération ce qui s’est réellement joué au niveau relationnel, à l’occasion du moment social partagé.
  • un ensemble de règles et de disciplines de type contrôlant, érigées comme techniques pour lutter contre le stress et l’angoisse. Cette démarche peut parfois sembler en contradiction avec l’apparente excentricité du HP.
  • des routines (qui vont de petits rituels à de grandes obligations, comme prendre le même chemin pour aller au travail, en respectant les mêmes étapes (boulangerie, cigarette ou autres) qui conditionnent une bonne journée ou une moins bonne.
  • le besoin de noter, voire de schématiser les consignes, qui ont été transmises à l’oral pour pouvoir les appliquer.
  • un besoin de prévisibilité dans les actions à venir et une réelle difficulté à gérer la frustration : lorsque les choses ne se passent pas comme prévues et qu’on ne s’y attend pas, une vraie tempête émotionnelle peut se déclarer en soi. Du coup, une certaine hantise à ouvrir sa boîte aux lettres papier ou mail, les jours où l’on ne se sent pas d’attaque pour les mauvaises nouvelles.
  • pour autant, une réelle difficulté à s’engager sur une échéance à long terme ou sur un laps de temps trop long, même s’il s’agit d’un week-end entre amis que l’on apprécie particulièrement, car la perspective d’être coincé(e) dans une situation difficile à gérer angoisse.
  • l’accueil de bonnes nouvelles de façon très démonstrative, en tapant des mains, sautillant ou dansant, de manière presqu’enfantine, ce qui provoque bien souvent le regard amusé de notre entourage.
  • un goût fort/une passion pour les loisirs qui permettent de s’évader ou de se vider la tête mentalement : sports, musiques, arts créatifs, littérature, cinéma; avec un rapport bien souvent “compulsif” dans le domaine : comme lire systématiquement tous les livres d’un même auteur lorsqu’on l’apprécie ou pratiquer plusieurs heures du même sport par semaine.
  • une grande capacité à apprendre en autodidacte y compris sur des sujets très pointus.
  • bien souvent un attachement fort aux animaux de compagnie, dont la bienveillance et la fidélité sont une garantie.
  • contrairement aux idées reçues, UNE REELLE CAPACITÉ A RESSENTIR LES ÉMOTIONS DES INTERLOCUTEURS, mais qui passe par d’autres canaux que la détection visuelle : on ne lit pas les émotions sur le visage de l’autre, on les capte par l’accélération du pouls, l’émission de phéromones, le réchauffement corporel de l’autre… Il est d’ailleurs bien compliqué de deviner l’émotion de quelqu’un à partir d’une photo qui fige les traits.
  • une honnêteté hors norme car il semble vraiment plus simple de dire les choses comme elles sont (en y mettant les formes quand on a appris à le faire) que de mentir même dans le cadre de conventions sociales. Egalement, une réelle ouverture d’esprit, l’absence de jugement d’autrui et un grand respect des règles.
  • corollaire direct : une incompréhension totale, voire une grande colère, lorsque l’autre nous a menti, même un peu, ou n’a pas tenu sa promesse ou n’a pas respecté les règles. C’est d’ailleurs une des particularités qui rend si difficile l’adaptation dans une société qui érigent des règles pour faciliter la cohabitation, sans les respecter vraiment.
  • Et parfois, des coups de foudre relationnels, amicaux ou amoureux, quasi instinctifs et d’une fluidité immédiate quand on croise quelqu’un sur notre route qui dégage cette bonté hors norme qui nous caractérise si bien.

Dans tous les cas, on retrouve cette même intensité pour tout qui caractérise les zèbres en général lorsqu’ils se sentent en confiance et/ou motivés par quelque chose, qu’elle soit démonstrative ou plus intériorisée. C’est vrai pour une relation, un projet, un nouveau travail. Et ça surprend toujours beaucoup !

Si vous vous reconnaissez dans ces différents traits de caractère, il est alors possible que VOTRE DOUANCE SOIT DOUBLÉE D’UNE PERSONNALITÉ OU D’UN SYNDROME (PLUS OU MOINS MARQUÉ) ASPERGER, bien souvent passé(e) jusque-là inaperçu(e) car largement compensé(e) mais au prix d’efforts immenses et très énergivores d’adaptation.

Pour creuser le sujet, c’est par là:
Quelques tests
Quelques livres :
Le syndrome d’Asperger, guide complet, par Tony Attwood
BD : La différence invisible, par Julie Dachez et Mademoiselle Caroline
Un webdoc : Syndrome d’Asperger
Quelques liens :
liste très complète des différentes caractéristiques asperger
Aspergirl : le syndrome d’Asperger chez les femmes
émoi émoi émoi
Les enfants surdoués avec le syndrome d’Asperger
Ressemblances et différences entre surdoués, aspergers et autistes
Guide de survie en territoire humain
Camoufler sa différence, à quel prix
Rudy Simone, l’Asperger au féminin, commenté par Tribulations d’un petit zèbre
Aspipistrelle, élever son enfant en étant Aspie
Ces femmes autistes de haut niveau qui s’ignorent, Liberation
Syndrome d’Asperger Wikipedia

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