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Trop « intelligent » pour s’épanouir au travail ? Quelles pistes ?

Rien de pire que l'ennui pour le zèbre : attention au bore ou brown out

De nombreux témoignages de haut-potentiels évoquent les difficultés à s’intégrer dans une entreprise et à y rester durablement… et pour cause : leurs capacités particulières
* à vite saisir les enjeux et les fonctionnements,
* à proposer des solutions efficaces, après quelques semaines seulement de présence dans la structure,
* à appréhender un nouveau logiciel en quelques jours, là ou d’autres peinent plus longtemps,
* à interroger (bien naïvement) des incohérences de règles, qui sont pourtant appliquées depuis des années par les salariés,
* puis à les respecter scrupuleusement, à la lettre, si elles sont comprises,
* à abattre un travail considérable en peu de temps,
* mais aussi leur carapace qui les pousse à compartimenter vie privée et professionnelle, sans prendre part aux pauses cafés et autres moments partagés…
dérangent car elles viennent questionner un cadre et mettent à mal l’autorité du/de la responsable sans que le/la zèbre en aient vraiment conscience d’ailleurs. Ce/cette dernière peut se sentir débordé(e) et selon son tempérament réagir en « utilisant », harcelant ou mettant de côté ce membre de son équipe dont il/elle ne sait pas quoi faire.

Lorsqu’on est surdoué(e) et non détecté(e), les incompréhensions et les malentendus peuvent s’accentuer, surtout lorsque l’estime et la confiance en soi sont faibles. En effet, l’étonnement, le mécontentement ou la gène des collègues ou responsables sont perçus intuitivement par les EIP, qui ne comprennent pas forcément à quoi l’émotion est due. Les plus sensibles ont parfois tendance à travailler de plus belle, pensant devoir faire leurs preuves, plus vite et/ou mieux pour être acceptés, au prix parfois d’un burn-out. Or cette posture produit l’effet inverse.
Il n’est donc pas rare que les zèbres présentent des CV avec des parcours multiples, sur de courtes durées, et ce quel que soit le niveau d’études.

Ainsi, connaître ses particularités HP permet déjà de mieux comprendre ce qui se jouent au niveau des interactions sociales et, pour certains tempéraments d’EIP, de mettre un peu d’eau dans leur vin « zébré » pour faciliter la prise de contact et d’acceptation dans un nouveau poste.
Evoluer auprès d’un(e) hiérarchique ou dans une structure, à la culture d’entreprise agile, bienveillante et qui prône l’innovation est aussi très facilitatrice. Les start-ups et petites structures à forte progression sont naturellement plus HP-friendly.
Se mettre à son compte est une autre option, qui est empruntée par de nombreux HP. Elle offre plusieurs avantages comme d’aller à son rythme, selon son niveau d’innovation et ses règles d’intégrité. Elle suppose par contre de croire en soi, d’avoir un minimum d’organisation pour mener à bien ses projets et savoir les facturer comme il se doit ou bien de s’entourer de personnes bienveillantes capables de jouer ce rôle-là. Mais même cette piste ne prévient pas toujours l’ennui, la routine que craignent beaucoup de zèbres.
Heureusement, depuis quelques années, le « slashing » a fait son apparition en France. Ce terme fait référence à la barre du clavier « slash » qui permet d’ajouter à la suite des éléments, tout en les séparant. Il s’agit du multi-emplois volontaire, parfois dans des secteurs d’activités qui n’ont rien à voir mais qui permettent aux multipotentiels de s’épanouir dans leurs différentes passions, en évoluant dans des univers différents. C’est mon cas : je suis consultante en communication et formatrice en semaine, sommelière en soirée, illustratrice, auteur et slameuse le week-end. Et si je ne gagne pas des mille et des cents, je m’éclate !
Pour ceux qui souhaitent aller plus loin sur ce sujets, 2 vidéos d’Emilie Wapnick passionnantes sur le sujet :
La personnalité multipotentialiste
Pourquoi certains d’entre nous n’ont pas de vocation.
Au plaisir de lire vos témoignages ! A bientôt !

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