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Relations amoureuses et zèbres

PARTIE 1 : la quête amoureuse

Une question revient souvent concernant les surdoués et leurs relations amoureuses : est-il préférable de privilégier un couple HP ou l’amour est-il possible entre surdoué(e) et neurotypique ?
Dans ce domaine, comme dans les autres, toutes les combinaisons sont possibles. En effet, le haut-potentiel colore le quotidien d’une personne mais ne définit pas sa personnalité, qui dépend par ailleurs de son histoire familiale, de son tempérament et de bien d’autres éléments.
Ainsi, entre 2 HP, les exacerbations sensitives et émotionnelles, la soif de connaissances ou les interrogations quant au sens à la vie, la mort et l’angoisse qui en découle peuvent se comprendre plus facilement, ce qui facilite grandement le quotidien. Mais elles peuvent également s’entrechoquer lorsque les 2 zèbres traversent une phase anxieuse, ont du mal à lâcher-prise ou se mettent plus ou moins consciemment en compétition (intellectuelle) ou en (dé)charge de l’autre.
A l’inverse, si un(e) neurotypique peut éprouver des difficultés à cerner son/sa partenaire surdoué(e), il/elle peut aussi lui offrir un ancrage émotionnel et une meilleure compréhension des fonctionnements implicites de la société, qui ne font pas vraiment sens, a-priori, pour les haut-potentiels.

Par ailleurs, même si on peut être tenté(e) de cocher les checks d’une liste, notamment quand le mental prend les commandes, une relation amoureuse ne se choisit pas forcément.
Car elle est (avant tout?) faite d’attraction physique, voire chimique avec ces phéromones qui se choisissent. Elle se compose également d’un intérêt mutuel sincère pour l’autre (à ne pas confondre avec une projection), ses particularités, ses talents et ses défauts. Il me paraît préférable d’accepter ces derniers en l’état plutôt que d’espérer changer l’autre.
Bien sûr, elle repose bien souvent aussi sur une complicité qui passe bien souvent par des références communes et/ou une stimulation intellectuelle réciproque. Et c’est d’autant plus vrai pour un(e) HPI/HPE qui éprouve un besoin intense de partage. Mais la complémentarité plutôt que la linéarité peut se révéler enrichissante dans ce domaine. Enfin, elle dépend aussi de son rapport à la confiance en l’autre et au lâcher-prise, avec en corollaire immédiat sa capacité/son envie de montrer sa vulnérabilité.

Au final, toute la question est de savoir pourquoi on cherche l’amour? Vaste question ! Il n’y a pas de bonne ou mauvaise motivation. Simplement, le fait d’être au clair avec soi-même sur ce point évite les désillusions et facilite d’une certaine manière les bonnes rencontres ou le souhait d’être seul(e).
S’agit-il d’un besoin de partage? Une envie de magnifier le quotidien ? De se sentir aussi exister à travers le regard de l’autre ? Le désir d’apaiser son sentiment de solitude, voire de vide ? De soulager le poids de ses responsabilités ? La tentation inconsciente de réparer une blessure de l’enfance ? 

Sur ce dernier point, une des pistes est à explorer du côté des figures d’attachement « sécurisant/anxieux/évitant » de John Bowlby (1907-1990).
D’après lui, le développement des représentations cognitives d’attachement concernant le soi et les autres s’instaure dans l’enfance, selon les interactions qui se jouent alors avec ses parents.
Dans son livre « Dis moi qui tu  aimes, je te dirai qui tu es », Marc Pistorio détaille les types d’attachement que l’on peut construire dans son enfance et qui éclairent ensuite la relation à l’autre dans le couple.

  • l’attachement « sécurisant ou sécure » : fait de compromis, de soutien, d’adaptation, de disponibilité, d’un bon contrôle de sa colère, de confiance en l’autre et d’optimisme.
  • l’attachement « insécurisant-évitant » : caractérisé par un désengagement physique et psychologique, une communication froide et distante, peu de demandes de soutien, une forte indépendance, une représentation positive de soi et plutôt négative des autres, une répression de la colère et une anticipation de la souffrance qui pousse à se mettre en mode défensif
  • l’attachement « insécurisant-anxieux ou ambivalent » : marqué par une forte impulsivité, une facilité à blâmer l’autre, des signes verbaux et non-verbaux de détresse, une forte recherche de proximité, une interprétation systématiquement négative des conflits, la peur du jugement de l’autre, un doute certain sur l’honnêteté de l’autre et une hypersensibilité au rejet/à l’abandon.
  • l’attachement « désorganisé » ou « anxieux-évitant » : qui peut se traduire par : « si tu m’approches de trop près, j’étouffe et je fuis mais si tu t’éloignes, je panique et cherche à fusionner avec toi ». Il concerne les personnes qui ont eu un rapport maternel instable (parfois source de tendresse et d’autres fois source d’angoisse) et/ou qui ont vécu des psychotraumatismes dans l’enfance.

Pour creuser, je vous recommande les articles de Laëtitia Bluteau  et son petit test rapide sur son type attachement pour savoir comment se positionner.

Comprendre son mode d’attachement offre un éclairage intéressant car
lorsque 2 personnes de type insécure (anxieux et/ou évitant) se mettent ensemble, il en découle naturellement des incompréhensions fortes qui mènent à des conflits importants ou un fort mal-être de part et d’autre.
D’un autre côté, si une personne de type insécure (anxieux ou évitant) rencontre une personne de type sécure, les obstacles rencontrés trouvent d’autant plus facilement des solutions que « l’insécurisé(e) » du couple reconnaît ses difficultés et fait un travail personnel pour les dépasser (avec l’aide de sa moitié).

Cela passe par :

  1. l’identification et peu à peu le contrôle sur ses impulsions
  2. l’acceptation pleine et totale de ses émotions  et sensations
  3. leur traduction en mots
  4. un travail pour envisager les émotions négatives sous un angle différent et donner un sens émotionnel aux heurts du couple
  5. la possibilité de reparler calmement de ce qui s’est passé
  6. le tout étant possible en étant plus attentif au regard et au toucher de l’autre dans les interactions.

Dans tous les cas, réaliser qu’on entre systématiquement en relation selon un schéma récurrent de type insécure sans s’épanouir offre l’opportunité de s’interroger sur soi-même et d’évoluer. Car il est possible de modifier son rapport aux autres, avec un travail sur soi.
Et la bonne nouvelle pour les célibataires qui ont connu jusque-là des relations amoureuses compliquées, c’est qu’environ 60% des gens sont de type sécurisant ! Il suffit donc « d’ouvrir la phéromone » plus attentivement. 

Pour conclure : ce témoignage émouvant proposé par Coach planet d’un neurotypique qui partage sa vie avec une surdouée.
Et pour les plus audacieux, cette expérimentation proposée par les Dr Arthur et psychologue Elaine Aron. Il s’agit de proposer à un(e) parfait(e) inconnu(e) de répondre, à tour de rôle, à 36 questions, au degré d’intimité croissant. Basées sur les travaux de recherche du Dr Aron, elles permettent de découvrir sincèrement l’autre. De nombreux couples se sont formés selon cette approche, à commencer par M et Mme Aron. Qui se lance ?

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