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Plusieurs profils Hp, lesquels ? Pourquoi ?

Lorsqu’on creuse le sujet de la douance et échange avec des zèbres, on voit bien qu’il n’y a pas deux surdoués qui se ressemblent, même s’ils peuvent se comprendre plus facilement.
Certains ont un parcours scolaire et professionnel fulgurant alors que d’autres changent de métiers tous les deux ans et n’ont pas forcément le BAC. Certains peuvent être très entourés, en couple, avec des enfants, d’autres sont plus solitaires, le vivant plus ou moins bien. Certains détonnent dans leur allure et sont hyper connectés à leurs émotions. D’autres sont plus discrets ou cousins germains de la reine des neiges.

Je me suis demandée dans quelle mesure les fonctionnements neurologiques, les dimensions anthropologiques et sociologiques, ainsi que les éventuels psychotraumatismes pouvaient intervenir dans les destinées HP.

Je me suis appuyée sur les publications de recherche de Fanny Nusbaum, Olivier Revol et Dominique Sappey-Marinier et mes compétences en conduite du changement pour mener cette investigation.
En conduite du changement, on cherche à cartographier des profils de fonctionnements similaires, en s’appuyant sur des approches sociologiques qui intègrent le genre, la catégorie socio-professionnelle et d’autres éléments en lien avec le thème d’analyse.
En effet, même si chaque humain est différent, nos convictions sociales, économiques, politiques et culturelles ont un impact (plus ou moins conscient) sur notre façon de penser et nos choix. Et même avec des capacités de distanciation et d’introspection particulières, les HP ne font pas exception à la règle.
J’ai cherché à transposer la démarche, en intégrant des données spécifiques au haut-potentiel. L’idée ici n’est pas d’enfermer les surdoués sous de nouvelles étiquettes étanches, mais de trouver de nouvelles pistes de compréhension.

Si on récapitule :

  • la douance est une particularité neurologique, d’origine génétique à priori (avec laquelle on naît donc).
  • Les recherches sur les philo-cognitifs ont démontré qu’il existait 2 fonctionnements cérébraux distincts : arborescent ou séquentiel, avec deux profils identifiés par F.N., O.R. et D.S. : complexe et laminaire.
  • MAIS il me semble que le genre, le tempérament (introverti ou extraverti), le rapport au temps et à l’exigence,
  • de même que l’étayage familial (relations aux parents et à la fratrie) et les expériences de vie,
  • voire d’éventuels troubles complémentaires (DYS, TDAH, traits autistiques…initiaux ou consécutifs à des expériences particulières? ce point mériterait un sujet de recherche à part) complètent l’analyse.

Ainsi, au fil des années, notamment chez les sujets qui s’ignorent HP, il semblerait que certains potentiels s’expriment plus que d’autres accentuant certains talents et provoquant certaines difficultés. Or ces dernières contribuent à faire douter les sujets sur la réalité de leur haut-potentiel, d’où mon intérêt pour ce thème.

Sur la base de ces éléments, j’ai élaboré et conduit en septembre 2020 une enquête auprès de 150 HP. Après analyse, je suis notamment arrivée à deux conclusions :

  • Les surdoués présentent une part de masculin/féminin plus développée que les neurotypiques : notamment plus de féminin chez les hommes et plus de masculin chez les femmes.
  • Et ils présentent également une part d’organique/méthodique en proportion différente selon chaque sujet.

Je me suis appuyée sur ces éléments pour écrire mon second livre La caméléone.


Je vous livre ici quelques éléments issus de mes recherches :

PART DE MASCULIN ET DE FÉMININ :
La part de féminin/masculin est présente de façon plus accrue chez les surdoués. Culturellement, un franc-parler, une analyse rapide des enjeux, un niveau d’exigence élevé et une certaine audace (dans les affaires par exemple) sont dédiés à un comportement masculin. A l’inverse, une forte sensibilité, une grande empathie et une recherche de conciliation sont plus naturellement dévolues à un comportement féminin.
Or les HP sont câblés pour penser en dehors du cadre. Ils ont donc plus facilement des prédispositions pour les deux aspects (masculin et féminin). Dans la mesure où leur haut-potentiel n’est pas inscrit sur leur front, cela génère des réactions particulières dans leur entourage. Ces dernières provoquent à leur tour des schémas de pensées spécifiques chez les HP, voire des blocages, en tous cas un manque d’alignement qui traduit parfois un certain mal-être.
Mieux cerner ce qui relève du masculin et du féminin offre des clés pour mieux comprendre autrui et se positionner en conséquence.

PLUTÔT ORGANIQUE OU MÉTHODIQUE ?
Ce deuxième aspect s’appuie sur les recherches publiées par Fanny Nusbaum, Olivier Revol et Dominique Sappey.
J’ai tenté de les joindre à plusieurs reprises, dans le cadre de mon premier livre et de ce projet, mais sans réponse de leur part. Cela peut se comprendre, ce sont des personnalités mondialement connues et bien installées dans leur profession. De mon côté, même si j’ai de bonnes capacités d’analyse et d’apprentissage en autodidacte HP, je sors de nulle part ;).
J’aurais voulu leur livrer les conclusions de mon enquête : parmi les répondants, un certain nombre de profils avec beaucoup de traits à-priori “complexes” ne présentaient pas une personnalité atypique détonnante et surtout semblaient très à l’aise avec leur façon de fonctionner et de s’intégrer socialement.
De même, certains profils, avec un grand nombre de traits a-priori “laminaires” avaient eu des difficultés scolaires et/ou professionnelles et se montraient particulièrement créatifs par ailleurs.
Il y a bien sûr certains écueils dans ma démarche : il s’agit d’une enquête préliminaire ; les réponses étaient basées sur du déclaratif ; le nombre de répondants mériterait d’être multiplié par 10 ; les vecteurs par lesquels j’ai cherché des répondants est un potentiel biais de distorsion ; je n’ai pas une connaissance approfondie des profils complexe et laminaire. Néanmoins, il m’a semblé que des tendances se dessinaient. Elles n’engagent que mon analyse et mériteraient naturellement d’être approfondies par des recherches plus étayées.

Pour tenir compte de ces différences apparues par rapport aux recherches sur les philo-cognitifs, j’ai nommé les tendances “organique” et “méthodique”.

Les résultats de mon enquête m’ont conduit à penser que la proportion d’organique/méthodique chez le sujet était une donnée constitutive de son fonctionnement. Or cette proportion offre en soi un éclairage intéressant sur son fonctionnement et ses difficultés.

  • Ainsi, les PROFILS À LARGE DOMINANTE ORGANIQUE sont très connectés à leurs émotions, donc intuitifs, avec une pensée globale, une tendance à la procrastination et l’insomnie, une bonne capacité d’apprentissages en autodidacte et un plus grand risque de syndrome du sauveur. La gestion de la frustration est particulièrement difficile pour eux. Ils s’apparentent aux “complexes”.
  • Les PROFILS À LARGE DOMINANTE MÉTHODIQUE sont dans l’efficience permanente : ils optimisent le temps investi en regard des objectifs attendus. Ils ont tendance à être sur tous les fronts avec un risque accru de burn-out et d’addictions. Ils ont une grande sensibilité mais les émotions sont contenues car leur besoin de maîtrise prédomine. Ils s’apparentent aux “laminaires”.
  • Les PROFILS À DOMINANTE ORGANIQUE AVEC CERTAINS TRAITS MÉTHODIQUES CARACTÉRISTIQUES (un niveau d’exigence et une tendance être sur tous les fronts par exemple) semblent présenter de bonnes capacités d’organisation mais structurellement des risques plus accrus de burn-out, avec un impact physiologique et émotionnel accrus. Ils apprennent d’autant mieux de leurs expériences car leur corps leur sert ensuite d’alarme.
  • Les PROFILS À DOMINANTE MÉTHODIQUE AVEC CERTAINS TRAITS ORGANIQUES CARACTÉRISTIQUES (créativité par exemple), semblent plus enclins à l’hypocondrie et aux Toc. Ils présentent de nombreuses qualités pour se mettre à leur compte et réussir dans leur entreprise.
  • Les PROFILS À L’ÉQUILIBRE ORGANIQUE/MÉTHODIQUE ne bénéficient pas de cette grande capacité intuitive des organiques. En revanche, ils font de grands médiateurs. Ils sont notamment capables de comprendre les deux types de fonctionnement et de les expliquer aux autres…

Il y a bien d’autres éclairages et profils identifiés. Globalement, on peut retenir que, selon sa part d’organique et de méthodique, un côté plus masculin ou plus féminin, certains fonctionnements peuvent s’envisager différemment, avec des bénéfices et des points de vigilance identifiés.

À QUOI ÇA SERT DE SAVOIR TOUT ÇA ?
Cela dépend de son contexte personnel, de sa confiance et de son estime de soi. Si on se sent bien dans ses baskets et dans sa vie, cette approche n’apporte pas grand chose si ce n’est par curiosité ou pour mieux comprendre certaines réactions de son entourage.
A l’inverse, si on compose avec des doutes sur sa douance, sur ses compétences ou sa valeur; si on rencontre des difficultés au travail ou dans ses interactions sociales… mieux appréhender sa façon d’être HP offre alors une jolie boussole décisionnelle.
C’est un peu comme trouver le fil de la pelote pour dénouer les nœuds qui nous semblaient emmêlés jusque-là. On découvre enfin une cohérence qui vient expliquer l’ensemble. Toute l’énergie qu’on passait à essayer de se conformer à la norme ou à se remettre en question sur des sujets séparés, on peut alors la consacrer à cheminer pour s’accepter tel qu’on est, dans sa globalité. Cela permet aussi de cicatriser ses blessures du passé plus efficacement. On peut alors faire des projets plus en phase avec ses valeurs et aimer les autres, HP ou non, plus librement.

Pour celles et ceux qui sont intéressé.es par ces sujets, j’ai conçu un test de profilage comportemental HP. Il ne remplace pas un test WAIS mais donne des éclairages sur “sa façon d’être surdoué.e”.
Si vous êtes intéressé.e, vous pouvez me contactez-moi par mail pour convenir ensemble d’un rendez-vous.