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Mode d’emploi relationnel pour surdoués

Nous sommes de 2 à 7% de zèbres (selon les modes de calcul et les pays), donc fatalement (enfin pour la plupart) amenés à cohabiter, cotravailler, coétudier, cojouer ou codialoguer avec les autres : ces “normo-pensants” ou “neurotypiques” (NT) comme aiment à les appeler les autistes. La difficulté est de mieux les cerner dans la mesure où nous avons toujours été dans notre cerveau, qui manifestement ne tourne pas rond comme le leur. 

La grande différence entre les HP et les NT peut se traduire par le fait que les premiers analysent les choses dans leur ensemble, intégrant un grand nombre de données (envisagées comme toutes connectées pour le profil complexe) tandis que les second compartimentent les données.
Ainsi un NT peut se présenter comme une personne très impliquée au niveau environnemental car il consomme bio et trie ses déchets et parler quelques minutes plus tard de son dernier voyage au Sri Lanka. Un HP écolo s’est généralement largement documenté sur le le bilan carbone et les enjeux environnementaux. Il est évident pour lui que les trajets en avion sont à proscrire, sauf déplacement absolument indispensable, dans une posture environnementale sinon ils viennent plomber tous les efforts produits par ailleurs.
Dans ce genre de discussion, il y a comme un malentendu. Le HP peut avoir l’impression que le NT se moque de lui alors que ce dernier est très sincère. Simplement, il compartimente les informations : écologie et voyage.
Le livre “Les “surdoués” et les autres – Penser l’écart” de Carlos Tinoco, Sandrine Gianola, Philippe Blasco traite particulièrement bien de ce sujet. C’est d’ailleurs un des meilleurs livres sur le haut-potentiel à mon sens.

Alors voici une proposition de traits de caractères d’un non-HP :
– sait composer avec un “masque social”, incluant des aspects sincères de lui ou d’elle-même et des projections qu’il/elle souhaiterait avoir.
– peut être sensible mais sans forcément que ça l’impacte au plus profond de lui (elle)-même sauf à être hypersensible (mais c’est un autre sujet)
– n’est pas particulièrement gêné(e) par le bruit, ni les odeurs, dans un café, un commerce…
– peut être très tactile, ça dépend de la personne.
– s’adapte au contexte naturellement, en essayant d’en tirer le meilleur parti pour lui/elle-même.
– accepte globalement l’autorité, du moment qu’il ou elle y trouve son compte.
– assume que les règles de la société sont faites pour être respectées tout en peuvant être contournées en fonction de la situation (surtout en France ;).
– a un rapport au temps plus mesuré, séquencé (les choses n’étant pas forcément connectées les une aux autres de son point de vue) ce qui donne des incompréhensions importantes avec un(e) HP.
– ne se pose pas particulièrement de questions métaphysiques et passe des moments de la journée en bouton “off” du cerveau.
– du coup, peut très bien dormir – enfin certain(e)s.
– apprécie les choses simples sans non plus en extraire l’essence, ce qui peut donner une impression de superficialité pour un HP.
– ne cherche pas forcément à se dépasser sauf lorsqu’il ou elle a l’esprit de compétition.
– se place généralement dans une obligation de moyens plus que de résultats contrairement au HP.
– n’a pas forcément peur de l’échec mais ne se lance pas non plus dans des projets trop complexes ou trop nombreux en parallèle.
– peut avoir tout type de parcours scolaire et professionnel, selon son tempérament, son histoire et sa CSP.
– pose souvent comme première question “qu’est-ce-que tu fais dans la vie?” car il ou elle a tendance à définir les autres à travers leur métier et cloisonner les faits et les gens sous des étiquettes afin de se rassurer. Si une exception surgit, loin de remettre en question son analyse, c’est celle qui confirme sa règle, sic!
– ne met pas forcément ses émotions dans la balance pour réfléchir.
– mais peut instinctivement se sentir menacé(e) par la répartie HP ou l’atypisme que les zèbres dégagent, dans un cadre professionnel classique notamment.

D’un point de vue statistique, selon Fabrice Bak, la population des « Tout le monde » (les NT) se repartit comme suit :
10% structurés qui communiquent et cherchent des solutions
– 30% pragmatiques qui considèrent généralement que les problèmes viennent des autres ou du système, sans qu’on ne puisse rien y changer
– 60% fonctionnalistes qui suivent le mouvement sans se poser de questions.
Selon lui, la bonne nouvelle est qu’en tant que HP, nous avons un panel de 10% de la population pour trouver notre moitié(e) car les structurés sont les plus compatibles avec les HP.

ça vous parle ? N’hésitez pas à compléter…

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