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HP & errances médicales

paranoïaque, borderline, bipolaire ou HP ?

Les HP détectés tardivement témoignent souvent des errances médicales qu’ils ont expérimentées (DEPRESSION, BIPOLARITE, BORDERLINE, PARANOÏA, PHOBIE SOCIALE ou autres) avant de découvrir leur douance.
Pourtant, si une comorbidité n’induit pas forcément un diagnostic de douance, ni une douance n’exclut une comorbidité en parallèle, les philo-cognitifs détectés tardivement font régulièrement les 3 mêmes remarques : s’ils ont envisagé sérieusement le diagnostic posé par le professionnel, ils ne se sont généralement pas retrouvés dans les critères les plus représentatifs. Ils ont aussi eu le sentiment de faire preuve d’une ouverture d’esprit consciente face au diagnostic et d’une bonne plasticité pour faire évoluer leurs schémas. Par ailleurs, les traitements et /ou thérapies qu’ils ont suivis ne leur ont pas permis de régler l’ensemble de leur problématique : notamment en matière d’insertion sociale. A l’inverse, la piste de douance leur a permis de retrouver un fil directeur global qui expliquait mieux leur parcours de vie et leur fonctionnement alliant cognition et émotions.

paranoïaque, borderline, bipolaire ou HP ?



Si on creuse la question du trouble de la personnalité, selon le DSM IV, il est avéré quand :
*les traits identifiés présentent une déviation par rapport au groupe, en termes de cognition, d’affectivité, de relations interpersonnels ou de contrôle des impulsions.
*les traits sont rigides, récurrents et proviennent de schémas retraçables depuis l’adolescence.
*les traits ont un impact dans les interactions sociales et professionnelles, provoquant un mal-être certain et répété chez le sujet.
*Ils ne résultent pas d’une addiction, une maladie médicale ou un autre trouble psychiatrique.

Plusieurs questions en découlent alors comme :
1 / Si les critères conduisant à des diagnostics de la personnalité sont proches de ceux d’un fonctionnement HP, quel est le bon diagnostic final ? Est-ce à dire que tous les zèbres présentent potentiellement, de manière plus ou moins prégnante, un trouble de la personnalité ?
2 / Dans quelle mesure “s’imbriquent” mais se “contiennent” aussi les particularités bipolaire, borderline, paranoïaque, phobique… et HP ?
3 / Au final, un(e) HP qui ne s’est pas senti(e) autorisé(e) à s’exprimer librement selon ce qu’il/elle pensait et ressentait dans l’enfance n’a-t-il/elle pas simplement développé certains des traits que l’on retrouve dans les troubles de la personnalité, sans pour autant appartenir pleinement à l’un d’eux en particulier ?

En effet, quand on grandit en constatant régulièrement que ses réactions émotionnelles, ses paroles et ses actes ne sont pas les mêmes que la majorité de ses congénères, voire qu’ils sont questionnés, moqués, rabroués, avec comme injonction latente de “rentrer dans le moule”, un(e) HP peut :
– se sentir démuni(e) avec son hypersensibilité et ses répercussions quotidiennes.
– avoir le sentiment de manquer de mode d’emploi social.
– se construire, de ce fait, des règles personnelles intrinsèques excluant le mensonge et privilégiant la loyauté, l’intégrité et un haut niveau d’exigence personnelle.
se méfier des autres, à force de détecter des incohérences entre ce qui est énoncé et ce qui est ressenti par les interlocuteurs, le zèbre pouvant capter les 2 à la fois.
développer des routines ou des TOC pour calmer son anxiété et retrouver un sentiment de “contrôle” dans des situations générant de l’anxiété.
– apprendre en autodidacte et par expérimentation, sans pouvoir valider “officiellement” ses connaissances, avec des répercussions en matière de confiance en soi.
– accumuler des expériences qui affaiblissent l’estime de soi et le conduisent à la dépression.

Si par ailleurs, le/la HP a vécu un ou plusieurs psychotraumatismes (notamment dans l’enfance) qui n’a pas été pris en charge en connaissance de causes, il en découle également des pertes de mémoire ou du déni; des mécanismes de dissociation émotionnelle ainsi que de reviviscence, évitement, hypervigilance, impulsivité, de faible estime (honte, colère, culpabilité refoulées); avec des répercussions en termes de comportements (addictifs, alimentaires, sommeil, sexualité, anxiété…) et des douleurs physiques chroniques, des troubles cardio-vasculaires, respiratoires, gastro-intestinaux, ORL…

Au final, poser “une seule étiquette-diagnostic” sur ce type de personnalité particulière me semble difficile. En revanche, appréhender l’ensemble des faisceaux possibles peut permettre de faire appel à certaines des techniques thérapeutiques sous-jacentes pour
délier la mémoire bloquée,
évacuer les émotions associées qui sont retenues depuis,
dénouer les blocages physiques associés
– et déconstruire les schémas automatiques biaisés qui se sont construits en réponse.
L’important est surtout de s’appuyer sur le potentiel de compréhension, d’analyse et de résilience du haut-potentiel pour qu’il/elle se reconnecte corps-coeur-mental et trouve sa place dans la société, avec sérénité.

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