Menu Fermer

Faux-self et HP

Les HP évoluent régulièrement dans la société en mode caméléon

Ou l’art du camouflage de ces caméléons (et surdoués qui s’ignorent) en société…

Le père du faux self est Donald Winnicott, pédiatre, psychiatre et psychanalyste britannique.
Le self est à la fois le moi, le ça (ensemble des pulsions instinctuelles) et une partie du surmoi. Il s’exprime lorsque l’individu se sent suffisamment en confiance avec lui-même et l’environnement pour accepter de se montrer, en toute spontanéité. Les pulsions ressenties (agressivité, sexualité,…) sont acceptées comme des parties de lui-même et ne soulèvent pas de sentiment de culpabilité ou de honte. Aspect le plus créatif de la personnalité, (qui joue et imagine), il peut être complété par un autre self chez l’enfant contraint de se soumettre aux exigences extérieures au détriment de sa spontanéité et de son authenticité.
Le faux self se reconnaît par des attitudes toujours polies dans son rapport aux autres. L’apparence est investie au détriment d’un moi authentique. jusqu’à parfois devenir une partie essentielle de la personnalité.

Le monde psychique du nourrisson est dominé par le sentiment d’omnipotence : A travers la « mère suffisamment bonne », il est là pour répondre à ses besoins, ce qui lui permet d’intégrer progressivement et en confiance la présence d’une réalité extérieure pour ensuite délaisser cette omnipotence.
Si, au contraire, la mère impose ses gestes et ses choix, le bébé n’aura d’autre possibilité que de s’y soumettre afin de préserver la relation d’objet. C’est le tout premier stade du faux self, qui élimine la spontanéité, expression libre de ses pulsions, remplacée par les exigences de l’environnement. Plus cette non-reconnaissance sera répétée, plus le faux self deviendra une importante partie de la personnalité de l’enfant et prendra un aspect tyrannique, bien souvent pour protéger le « vrai self », considéré comme trop fragile et non acceptable par l’environnement.

Le rapport entre ses deux self demeure vivace et évolutif tout au long de la vie, plus facilement avec l’aide d’un travail thérapeutique ou de développement personnel.

Selon Winnicott, 5 degrés d’organisation d’un faux self peuvent s’exprimer.
1. le faux self a entièrement recouvert la personnalité, laissant en toute situation une impression de ‘fausseté’ dans la relation. Le vrai self est totalement dissimulé aux autres. L’individu souffre de la situation qu’il subit en société: la tension entre vrai et faux self crée un handicap dans sa vie sociale;
2. le faux self, pour préserver l’individu d’un environnement jugé nocif, maintient le vrai self sous protection;
3. le faux self tente de trouver une adaptation avec l’environnement pour permettre au vrai self de s’exprimer;
4. Le vrai self parvient à s’exprimer relativement facilement à travers des identifications qui tiennent lieu de faux self;
5. le faux self autorise l’expression en société par une attitude a priori polie, des manières sociales adaptées aux autres et respectant les conventions. Il établit le contact, maintient la distance et préserve l’intimité. Le vrai self peut être mobilisé dès que et avec qui l’individu le souhaite.

Le zèbre est facilement sujet au faux self lorsqu’il n’est pas détecté.
Très jeune, il/elle perçoit sa différence et la difficulté de s’intégrer à la société. Il/elle peut donc inconsciemment et progressivement étouffer son vrai self et s’appliquer à ne répondre qu’à l’ensemble des besoins, avis et attentes extérieures afin de rendre sa compagnie agréable et discrète, sans réaliser qu’il/elle asphyxie en parallèle sa vraie personnalité.
Mais la peur du rejet, de l’abandon, la tristesse d’être seul(e) et la colère de ne pas pouvoir être soi enferment le vrai moi à double tour.
En grandissant, le faux self investit toute la personnalité et peut même réussir professionnellement comme personnellement, au prix d’un grand perfectionnisme, du déni de ses émotions, de pulsions agressives contenues et de sensations régulières de honte, de culpabilité, d’anxiété, voire de dépression dans le cadre de ses relations.
Ainsi, peu à peu un mal-être grandissant s’impose, fait de vide et d’un sentiment lancinant d’imposture : le vrai self se sent de plus en plus seul, vide et malheureux. Alors tout en ayant peur de perdre l’amour des autres, il devient impossible de le recevoir.
Pour illustrer ce fonctionnement, un très beau travail de Yayoi Kusama.

La prise de conscience de ce faux self et son détachement pour retrouver le vrai self permet de reconquérir un sentiment de plénitude et de paix intérieure.

Laisser un commentaire