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Diagnostic tardif du HP

deuil-kubler-rossSe découvrir tardivement surdoué s’apparente à un deuil blanc, avec ses étapes de déni, colère, expression, dépression et acceptation.

Quand on se découvre tardivement surdoué/hp, on traverse des phases similaires à un deuil blanc : après un déni engourdissant qui nous protège des émotions trop violentes, on fait face à un sentiment de tristesse profond sur ce qui aurait pu mais n’est pas, heureusement bien souvent associé à un processus de résilience pour se tourner vers ce qui peut encore être. Le cheminement est long et douloureux pour s’adapter à cette nouvelle donne, néanmoins lorsqu’on arrive à se détacher de la colère et à prendre sa part de responsabilité dans ce qui s’est passé, il débouche sur un mieux-être incroyable.

Les différentes phases de ce deuil prennent plus ou moins de temps en fonction de chacun :
– Tout d’abord la découverte s’accompagne du déni : un court stade néanmoins intense pendant lequel les émotions semblent pratiquement absentes. Tandis qu’on se sent comme hors du temps, on réfute l’information : « si j’étais surdoué(e), ça se saurait… j’aurais une meilleure réussite scolaire et professionnelle… on l’aurait détecté avant…je ne serais pas aussi malheureux(se)… ». Puis lorsqu’on quitte cet état, la réalité de la perte survient, souvent associée à la colère.
– Une colère sourde, profonde qui survient des manques et du mal-être ressentis depuis si longtemps, de l’absence d’une détection plus précoce. En fonction des tempéraments, cette attitude de révolte se tourne vers soi ou vers les autres, quand ce n’est pas les deux à la fois. Elle s’associe parfois à un sentiment de culpabilité. Ce stade est souvent accompagné de nombreux questionnements et d’une inévitable revisite de son passé.
– Il débouche sur une phase d’expression et de marchandage : on a besoin de comprendre. On éprouve parfois le besoin de partager son vécu et ses sentiments avec des proches ou des gens ayant traversé les mêmes épreuves. On pressent inconsciemment les impacts inhérents à l’acceptation de la douance. Cette phase s’accompagne bien souvent de négociations, de chantages, de retours en arrière pour inverser ou compenser cette situation. Elle est parfois teintée d’amertume aussi. Elle débouche sur la 4e phase : la dépression.
– La dépression se caractérise par une grande tristesse et des remises en question d’autant plus difficiles qu’elles touchent à notre entité dans son ensemble et dans sa relation aux autres. En fonction de la vie qu’on menait jusque là, elle peut déboucher sur un grand chambardement qui touche aussi bien à son insertion professionnelle qu’à sa vie amoureuse, familiale et amicale. Elle est bien souvent doublée d’une grande détresse.
– Pourtant survient un jour l’acceptation : on comprend et accepte la réalité. On fait des efforts pour accepter son passé, on fait progressivement le tri dans sa vie pour se reconstruire plus en phase avec ce qu’on est vraiment. On réalise alors que ce processus a aussi permis de mieux se connaître et de découvrir et accepter ses ressources personnelles. On retrouve alors une confiance nouvelle en l’avenir.

En fonction du vécu et de la personnalité de chacun, ces étapes ne se succèdent pas forcément. Certaines sont même inexistantes. Dans tous les cas, il est important de prendre le temps d’accueillir ses émotions et de faire confiance au temps pour accepter ce bouleversement, comparable au deuil de celui ou celle qu’on était avant de savoir enfin, avant d’avoir les clés pour se réaliser et trouver une place qui nous convienne dans la société.

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