Menu Fermer

Coming out HP ?

Le vilain petit canard ou l'histoire du haut potentiel

Dire ou ne pas dire, là est la question !
Parler de son haut-potentiel n’est pas une chose facile. En effet , lorsqu’on cherche à partager cette découverte, on a bien souvent envie de faire surtout part des bouleversements émotionnels que cela suscite en nous. Or les représentations de la douance ne sont pas les mêmes pour tous et peuvent parfois être loin de la réalité. En effet, les surdoués ne ressemblent pas tous à Einstein, n’ont pas tous une mémoire, ni une culture générale fulgurante; une réussite scolaire et professionnelle incroyable, une répartie cinglante, des compétences particulières en sciences physiques et mathématiques… Elles renvoient par ailleurs l’interlocuteur/trice à son propre positionnement et ses sentiments vis-à-vis de l’intelligence, la réussite…

Je vous recommande un très beau post de Tribulation d’un petit zèbre sur le sujet. J’en ai retenu ces deux questions que je me pose systématiquement quand j’éprouve le besoin d’en parler :
1 / Qui est la personne en face de moi à qui je veux en parler ? Sa connaissance du sujet, son système de valeurs, son ouverture d’esprit, son rapport à la compétition…
2 / Dans quel but ?
Au fil de mes lectures et autres recherches sur ces sujets, voici ce que j’ai trouvé :

  • Dans le couple, tout dépend du diagnostic de l’autre et de sa confiance en lui (elle). Il existe de belles histoires « mixtes », des couples zébrés heureux ou des grands déçus. Planètes surdoués a fait un article avec des commentaires variés sur les couples. Le positif de tout ça, c’est qu’il n’y a pas de fatalité.
  • Les expériences familiales, y compris recensées sur les forums, parlent d’abcès à percer qui ne conduit pas toujours souvent à des regrets parentaux ou une acceptation de cette particularité. Cela tient bien souvent au fait que l’un des parents devrait alors remettre en question son propre parcours, sans s’en sentir la force. Lorsque c’est le cas, cela donne des histoires incroyables.
  • Les relations amicales s’apparentent aux relations de couples. Cela dépend de la relation et des enjeux pour l’autre.
  • Les démarches scolaires démontrent régulièrement qu’il y a peu de réceptivité à ce sujet, sauf parcours personnel du professeur des écoles ou directeur(trice). La réponse qui arrive plus ou moins vite est : « de toute façon, avec ses capacités, il va déjà s’en sortir mieux que les autres, alors le reste (émotions, relations aux autres) c’est moins important! Il faut juste qu’il apprenne à respecter le cadre. Sic! ». Dans le cas où un saut de classe vous semble nécessaire, L’AFEP fait un travail formidable pour épauler les parents.
  • Au travail, cela dépend du contexte. Mais la majorité des témoignages recommandent de garder cet « atypisme » pour soi. Il permet par contre de mieux se comprendre et d’améliorer sa relation aux autres. En recherche d’emploi ou reprise de formation, certains auraient parfois envie de crier sur les toits leur diagnostic pour passer directement à l’étape d’après. Là encore, c’est rarement la bonne piste. Je vous recommande les vidéos de Mensa 2015 Nantes qui traitent de ce sujet pour vous faire votre propre idée.
  • Entre zèbres : après un diagnostic et quelques lectures, il arrive souvent qu’on détecte (plus facilement, voire systématiquement) les zèbres qui nous entourent. Et on réalise régulièrement que ceux avec qui on se sent le plus naturel en sont probablement. Si ce sont des avertis, cela donne des relations très fortes, avec parfois des à-coups liés aux sensibilités exacerbées des deux parties. S’ils ne connaissent pas le sujet, toutes les pistes sont possibles en fonction de leur tempérament : leur en parler directement, les amener doucement vers la notion, ou passer l’information sous silence car l’interlocuteur a développé un instinct incroyable auquel il se fie à tout moment. Certains sont également dans le déni complet et réagissent d’autant plus mal que nous ne sommes pas des professionnels du sujet. Jeanne Siaud-Fachin parle de cette situation dans « Trop intelligent pour être heureux ».

Dans tous les cas, mon expérience personnelle m’a démontré qu’il est important de se sentir reconnue par quelqu’un d’autre que le psychologue en charge du test pour intégrer cette nouvelle dimension pleinement. Cela permet alors de démarrer ce long mais précieux travail de réconciliation intérieure, à l’image du vilain petit canard.

Laisser un commentaire