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Zurn-out et réorientation pro

Les HP se sentent parfois comme cette allumette qui dénote

Après moult errances professionnelles et bien souvent à la découverte de leur douance, un certain nombre de HP ne ressentent soudain plus aucun intérêt pour le travail dans lequel ils ont pourtant vainement tenté de s’intégrer (et d’exceller, sans jamais le reconnaître : ça ne doit pas être si difficile que ça!) pendant des années.
Le besoin de s’accepter enfin tels qu’ils sont prend le dessus (ce qui est naturellement la meilleure chose qui puisse leur arriver, selon moi). Le rapport aux autres collègues, à la hiérarchie, aux non-sens des directives devient parfois tellement intolérable qu’il conduit alors à une forme de zurn-out (burn out lié à l’acceptation de sa zébritude ;)).
C’est comme une sorte d’urgence, en tout cas de besoin irrépressible, à admettre enfin ses qualités réelles, ses envies, ses besoins et surtout ses LIMITES. Et cette posture déchire la carapace (plus ou moins violemment) qu’ils avaient pu construire jusque-là, parfois au prix de beaucoup d’efforts et de douleurs. Ce débordement émotionnel, plus soudain et fort qu’à d’autres moments, laisse l’instinct prendre les commandes, reléguant temporairement le cerveau en second plan. C’est à la fois surprenant et un peu grisant car au fond, on sait qu’on fait le bon choix même s’il va à l’encontre de toute sécurité financière et surtout de toute “normalité”.

En fonction du tempérament et du parcours de vie de chacun, la réorientation professionnelle emprunte autant de chemins qu’il existe de zèbres.
* Certains, surtout lorsqu’ils ont des appuis dans l’entreprise, arrivent à négocier un départ en douceur de leur structure, voire un temps partiel qui assure une sécurité et du temps pour se projeter ou se lancer dans une nouvelle formation, parfois même avec des aides financières (oui, oui, certains petits miracles existent!).
* D’autres réalisent soudainement qu’ils subissent en réalité du harcèlement psychologique depuis trop longtemps ou sont en plein “burn-out” et se laissent enfin convaincre par leur médecin de se mettre en arrêt maladie, plus ou moins longue durée. Une fois le recul nécessaire pris (qui peut parfois nécessiter un peu de temps, ce qu’il faut savoir accepter malgré la fulgurance cérébrale habituelle), ils rassemblent alors leurs forces pour mettre en oeuvre une rupture de contrat. Toutes les formes sont alors possibles, de la rupture conventionnelle plus rassurante financièrement à la démission pure et simple. Car même si l’argent est important pour vivre, le surdoué place généralement sa réflexion dans une balance plus globale qui équilibre le respect de soi et et les contingences matérielles.

Vient ensuite une période d’introspection, plus ou moins anxiogène, pour aller déterrer leurs passions d’enfants qui savaient si bien les faire vibrer mais qu’ils avaient finies par mettre de côté, leur énergie étant dédiée au carapaçage nécessaire à l’intégration sociale en grande partie.
Des accompagnements sont possibles, via l’Apec pour les cadres (les conseils sont de grande qualité, en tout cas sur Lyon), du coaching tagué zèbre de préférence (je vous recommance la vidéo Mensa de Fabrice Micheau), des associations…
Au détour de leurs pérégrinations intellectuelles, une des pistes qui surgit est de concilier 2 jobs : un qui laisse le cerveau se reposer et sert simplement à assumer ses factures et un second qui permet de se faire du bien à l’esprit et au corps. On devient alors apparemment un Slasher, bien décrit dans cet article très intéressant des Echos!

Dans tous les cas, cette démarche demande un courage, des montagnes russes émotionnelles et une vraie bienveillance pour soi pendant toute la durée du processus. L’important est sans doute d’accepter d’explorer toutes les pistes sans se brider et d’envisager que la nouvelle orientation ne sera peut-être pas la dernière (histoire de couper son angoisse sous le pied) mais une nouvelle étape vers un quotidien plus heureux.

Une fois n’est pas coutume, je souhaiterais dédier cet article aux amis qui me l’ont inspiré et me donnent envie d’y croire. Ils me surprennent chaque jour par leur ténacité, leur capacité de résilience, leur patience et par cet optimisme incroyable, même s’il est parfois niché tout au creux d’eux, qu’un lendemain meilleur est possible dans un quotidien professionnel pour chacun d’entre nous. Merci à Anne, Hager, Léo, Roxane, Isabelle, Marie, Matt, Jérôme, Floriane et Olivier.   

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